PRP capillaire : pourquoi la méthode de centrifugation fait débat (méta-analyse 2025)
Le PRP (plasma riche en plaquettes) est un adjuvant utilisé dans l’alopécie androgénétique : on prélève le sang du patient, on le centrifuge pour concentrer les plaquettes, puis on réinjecte ce plasma dans le cuir chevelu. Une question technique divise encore les praticiens : faut-il une centrifugation simple (single-spin) ou double (double-spin) ? Une méta-analyse publiée en 2025 s’est penchée sur cette comparaison. Sa conclusion pratique, à retenir avant tout : la double centrifugation n’a pas démontré de supériorité, et le protocole simple apparaît au moins aussi performant — mais sur des bases encore modestes.
Vulgarisation d’une étude scientifique, reformulée et sourcée (PubMed). Elle ne constitue ni une recommandation de traitement ni une promesse de résultat, et ne remplace pas une consultation.
Ce que l’étude a réellement mesuré
D’après PubMed, cette revue systématique avec méta-analyse (Ghanem L. et coll., Frontiers in Medicine, 2025) a regroupé 3 essais randomisés contrôlés totalisant 90 participants atteints d’alopécie androgénétique, pour comparer le PRP obtenu par centrifugation simple à celui obtenu par double centrifugation. Le critère principal était le nombre final de plaquettes après centrifugation ; les critères secondaires incluaient l’évolution de la densité capillaire et le ratio de cheveux terminaux/duvet. Il s’agit donc d’une synthèse de données existantes, pas d’un nouvel essai clinique. (DOI 10.3389/fmed.2025.1631087 · PMID 40761851.)
Que montrent les résultats ?
Les différences observées entre les deux méthodes n’ont pas atteint le seuil de signification statistique — un point essentiel pour ne pas surinterpréter. Sur le nombre de plaquettes, l’écart penchait légèrement en faveur du single-spin mais avec un intervalle de confiance très large et une forte hétérogénéité entre études. Sur la densité capillaire, l’écart entre les deux protocoles était faible et non significatif. Sur les cheveux terminaux et le duvet, même constat d’absence de différence nette. Les auteurs suggèrent que la centrifugation simple pourrait être au moins équivalente, voire préférable — mais cette lecture reste prudente au vu des données.
Comment l’interpréter en pratique ?
Le message raisonnable n’est pas « le single-spin est supérieur », mais plutôt : rien n’indique qu’une double centrifugation, plus longue et plus manipulatoire, apporte un bénéfice supplémentaire dans l’alopécie androgénétique, sur les données actuelles. Un protocole plus simple, s’il est au moins aussi efficace, présente un intérêt logistique et limite les manipulations du prélèvement. Pour le patient, l’enseignement utile est ailleurs : l’efficacité du PRP dépend d’un ensemble de paramètres (indication, rythme des séances, technique d’injection, association éventuelle à un traitement de fond), et pas d’un seul réglage de centrifugeuse.
Quelles limites à cette étude ?
Elles sont importantes et l’honnêteté impose de les nommer : effectif faible (90 participants, 3 essais seulement), hétérogénéité élevée sur le critère principal, et absence de significativité qui empêche toute conclusion ferme. Cette méta-analyse oriente la réflexion mais ne referme pas le débat : elle ne doit pas être transformée en promesse de résultat ni en argument marketing pour un protocole donné. Le PRP reste un adjuvant dont les bénéfices sont réels mais variables d’un patient à l’autre, et qui ne remplace pas un diagnostic préalable ni, quand elle est indiquée, une prise en charge médicale de l’alopécie androgénétique.
FAQ
Selon la méta-analyse 2025 (PubMed, PMID 40761851), aucune différence significative n’a été démontrée entre les deux, et la double centrifugation n’a pas montré de supériorité. Le choix relève du praticien ; le protocole simple apparaît au moins aussi performant sur ces données.
Le PRP est un adjuvant qui peut soutenir la densité dans l’alopécie androgénétique, mais son effet est variable selon les personnes et il n’agit pas comme un traitement curatif. Il s’inscrit le plus souvent dans une stratégie combinée, après diagnostic.
Les protocoles reposent généralement sur une phase d’induction de plusieurs séances rapprochées puis un entretien, mais il n’existe pas de standard universel — la centrifugation elle-même ne fait pas consensus. Le calendrier se fixe au cas par cas.
Non. Le PRP est un adjuvant, pas un substitut aux traitements de fond de l’alopécie androgénétique. Il peut leur être associé selon l’indication, sous avis médical.
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À propos de cet article
Rédigé sous la responsabilité du Dr Khalil El Cadhi, chirurgien FUE / LH-FUE, Membre Full de l’ISHRS, MBA Paris-Dauphine, cabinet Dar El Hakim, Djerba. Veille scientifique régulière intégrée à la pratique de la trichologie et de la greffe. Dernière mise à jour : 13 juillet 2026. Source primaire (PubMed) : Ghanem L, Kirmani N, Palacios-Ortiz MP, et al. Comparison of single-spin to double-spin platelet-rich plasma centrifugation methods in the treatment of androgenic alopecia: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Front Med (Lausanne). 2025;12:1631087. PMID 40761851 — DOI 10.3389/fmed.2025.1631087. Information médicale générale, ne se substituant pas à une consultation.
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