Chute de cheveux : normale ou pathologique ? Le bon réflexe avant tout achat

Mise à jour : 21 juillet 2026 — Dr Khalil El Cadhi, Membre Full ISHRS (Dar El Hakim, Djerba).

Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est physiologique : c’est le renouvellement normal du cycle pilaire. Une chute devient préoccupante lorsqu’elle dépasse durablement ce seuil, se prolonge au-delà de plusieurs semaines, ou s’accompagne d’un éclaircissement visible (raie qui s’élargit, golfes qui se creusent, plaque sans cheveux). Le bon réflexe n’est pas d’acheter un produit « anti-chute » au hasard, mais de poser d’abord un diagnostic : la cause conditionne entièrement le traitement, et un mauvais ciblage fait perdre du temps et de l’argent.

Information générale rédigée par un médecin. Elle ne remplace pas une consultation : un diagnostic capillaire repose sur un examen et, si besoin, des examens complémentaires.


Combien de cheveux perd-on par jour normalement ?

Entre 50 et 100 cheveux par jour, c’est normal ; ce chiffre correspond aux follicules qui achèvent leur phase de repos et se détachent pendant que d’autres poussent. La perte peut sembler plus spectaculaire les jours de shampoing ou de brossage, simplement parce que les cheveux déjà détachés se libèrent d’un coup — ce n’est pas une chute supplémentaire. Ce qui compte n’est donc pas de compter chaque cheveu sur l’oreiller, mais de repérer une tendance : la chute s’intensifie-t-elle, dure-t-elle depuis plus de six à huit semaines, et la densité globale diminue-t-elle visiblement ?

Comment savoir si ma chute est anormale ? Le test de traction

Le test de traction (« pull test ») est un repère simple : on saisit une mèche d’une cinquantaine de cheveux entre le pouce et l’index et on tire doucement en glissant jusqu’aux pointes. Si 2 à 3 cheveux restent dans la main, c’est normal. Si 6 cheveux ou plus se détachent à chaque traction, répétée sur plusieurs zones du crâne, cela oriente vers une chute active à explorer. Ce test donne une indication, pas un diagnostic : il ne dit pas la cause, et son interprétation dépend de la date du dernier shampoing. C’est un signal d’alerte, à confirmer par un examen.

Qu’est-ce qu’un trichogramme et à quoi sert-il ?

Le trichogramme analyse le cycle pilaire en mesurant la proportion de cheveux en phase de croissance (anagène) et en phase de repos/chute (télogène) sur un petit prélèvement observé au microscope. Il aide à distinguer une chute réactionnelle diffuse (effluvium télogène, où la part de cheveux en repos augmente) d’une alopécie androgénétique (où le cheveu se miniaturise) ou d’une autre cause. Il est surtout utile devant une chute diffuse, soudaine ou inexpliquée. Aujourd’hui, l’examen au dermatoscope (trichoscopie) complète ou remplace souvent le trichogramme classique, car il visualise directement la miniaturisation et l’état des orifices folliculaires sans prélèvement.

Quels examens de sang peuvent être utiles ?

Un bilan sanguin ciblé est souvent demandé devant une chute diffuse, car des causes fréquentes et corrigeables se dépistent au laboratoire : carence en fer (ferritine), anomalie thyroïdienne (TSH), parfois vitamine D ou zinc. Ce bilan ne se prescrit pas systématiquement à tout le monde, mais il est particulièrement pertinent chez la femme, après un accouchement, en cas de régime restrictif, ou quand la chute résiste. Corriger une ferritine basse ou une hypothyroïdie peut suffire à stopper une chute — d’où l’intérêt de chercher la cause avant d’empiler les compléments et lotions.

Quand faut-il consulter plutôt qu’attendre ?

Il faut consulter lorsque la chute s’intensifie ou persiste plusieurs semaines, qu’une zone se dégarnit nettement, qu’apparaît une plaque sans cheveux, ou que le cuir chevelu est douloureux, rouge ou squameux. Chez la femme, un élargissement de la raie ou une chute brutale après un événement (accouchement, choc, régime, arrêt de pilule) justifie un avis. Consulter tôt évite deux écueils : traiter à l’aveugle une cause qu’on n’a pas identifiée, et laisser évoluer une alopécie qui aurait pu être stabilisée plus efficacement au début. Une plaque unique et lisse évoque une pelade, à ne pas confondre avec une chute diffuse.


FAQ

Combien de cheveux est-il normal de perdre par jour ?
Entre 50 et 100 par jour, c’est physiologique. Les jours de shampoing ou de brossage, la perte paraît plus importante car les cheveux déjà détachés se libèrent ensemble. Ce qui alerte, c’est une chute qui s’intensifie ou dure plus de six à huit semaines.

Comment faire le test de traction chez soi ?
On saisit une mèche d’environ 50 cheveux et on tire doucement en glissant jusqu’aux pointes. 2 à 3 cheveux détachés, c’est normal ; 6 ou plus à chaque traction, sur plusieurs zones, oriente vers une chute active à faire évaluer. Le test signale, il ne diagnostique pas.

Le trichogramme est-il indispensable ?
Non, mais il est utile devant une chute diffuse ou inexpliquée pour mesurer la part de cheveux en phase de repos. La trichoscopie au dermatoscope le complète souvent, en visualisant directement la miniaturisation sans prélèvement.

Faut-il faire une prise de sang pour une chute de cheveux ?
Souvent oui devant une chute diffuse : ferritine, TSH, parfois vitamine D ou zinc. Corriger une carence en fer ou une anomalie thyroïdienne peut suffire à arrêter la chute. Le bilan se cible selon le contexte.

Faut-il consulter avant d’acheter un traitement anti-chute ?
Oui : la cause détermine le traitement. Acheter un produit sans diagnostic revient à traiter à l’aveugle. Un examen permet d’identifier l’origine (réactionnelle, androgénétique, carentielle, pelade) et d’orienter la prise en charge.


À propos de l’auteur

Dr Khalil El Cadhi — médecin spécialisé dans la prise en charge des alopécies et la greffe capillaire (FUE / LH-FUE), Membre Full de l’ISHRS, MBA Paris-Dauphine. Il exerce au cabinet Dar El Hakim à Djerba (Tunisie).

Information médicale générale, ne se substituant pas à une consultation. Un diagnostic capillaire repose sur un examen médical individualisé.

Une chute qui vous inquiète ? Un diagnostic trichologique identifie la cause avant d’engager un traitement — la première étape utile, avant tout achat. → drelcadhi.com

Voir aussi : Chute après accouchement ou stress : effluvium télogène · Pelade : repousse et options · Minoxidil oral faible dose.


Sources
– Repères de chute physiologique (50–100 cheveux/j), test de traction et trichogramme — synthèses dermatologiques grand public et La Revue du Praticien, « Chute de cheveux : quel bilan ? ».
– Recommandations de bilan biologique devant une chute diffuse (ferritine, TSH).

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