Pelade (alopécie areata) : repousse spontanée, options actuelles et quand consulter
La pelade, ou alopécie areata, est une maladie auto-immune : le système immunitaire cible transitoirement le follicule pileux et provoque des plaques de perte de cheveux nettes, bien délimitées, sans rougeur ni cicatrice. Elle touche environ 2 % de la population au cours de la vie. Point rassurant à connaître d’emblée : dans les formes limitées, la repousse spontanée est fréquente — mais la maladie peut évoluer par poussées, ce qui justifie un avis médical pour ne pas passer à côté d’une forme plus active.
Information générale rédigée par un médecin. Elle ne remplace pas une consultation : la pelade nécessite un diagnostic et un traitement médicaux personnalisés.
La pelade repousse-t-elle toute seule ?
Souvent oui, pour les formes limitées : environ la moitié des personnes présentant une plaque unique retrouvent une repousse complète en 6 à 12 mois sans traitement. Le follicule n’est pas détruit, seulement mis en sommeil par l’inflammation : c’est ce qui explique que la repousse reste possible même après plusieurs mois. En revanche, la pelade est par nature imprévisible et parfois récidivante (alternance de périodes avec et sans plaques), et certaines formes étendues repoussent plus difficilement. On ne peut donc pas garantir une évolution favorable dans tous les cas.
Comment reconnaître une pelade ?
Le tableau typique est une ou plusieurs plaques rondes ou ovales, lisses, d’apparition rapide, sans desquamation ni démangeaison marquée. On peut retrouver des « cheveux en point d’exclamation » en bordure. Mais une plaque sans cheveux n’est pas toujours une pelade : teigne, trichotillomanie, alopécie cicatricielle ou fibrosante peuvent y ressembler. C’est précisément pourquoi l’auto-diagnostic est risqué : le traitement diffère radicalement selon la cause, et seul un examen (dermoscopie, parfois prélèvement) permet de trancher.
Quelles sont les options de traitement ?
La prise en charge est d’abord médicale et relève d’une prescription dermatologique ; elle dépend de l’étendue et de l’ancienneté. Pour les formes limitées, on utilise couramment les dermocorticoïdes locaux, les infiltrations de corticoïdes dans les plaques, ou l’immunothérapie de contact pour les formes plus étendues. Pour les formes sévères, les inhibiteurs de JAK (Janus kinases) — baricitinib, ritlécitinib, entre autres — ont montré des résultats encourageants en essais cliniques et ont fait évoluer la prise en charge. Ils restent réservés aux cas sélectionnés et imposent un suivi médical rapproché. Aucun de ces traitements ne convient à toutes les situations : le choix se fait au cas par cas.
Peut-on faire une greffe de cheveux sur une pelade ?
Non, pas en phase active — c’est une contre-indication qu’il faut poser clairement. La pelade est une maladie du système immunitaire, pas une perte de « capital folliculaire » comme l’alopécie androgénétique : greffer sur un terrain auto-immun actif expose à voir les greffons attaqués à leur tour. La greffe ne se discute éventuellement que sur des formes anciennes, stables et localisées, et seulement après avis spécialisé. Confondre pelade et calvitie commune conduit à des indications inappropriées.
Quand faut-il consulter ?
Il est raisonnable de consulter dès l’apparition d’une plaque pour confirmer le diagnostic. D’autant plus rapidement si les plaques se multiplient, s’étendent vite, touchent les sourcils, cils ou barbe, ou s’accompagnent d’anomalies des ongles. Au-delà du traitement, la pelade a un retentissement psychologique réel qui mérite d’être pris en compte. Un accompagnement précoce permet d’agir pendant que le follicule est encore réactif.
FAQ
Non, pas nécessairement. Le follicule est mis en sommeil, pas détruit : la repousse reste possible, et environ 50 % des plaques uniques repoussent en un an sans traitement. Mais l’évolution est variable et parfois récidivante, sans certitude d’un côté ou de l’autre.
Non. Teigne, trichotillomanie ou alopécies cicatricielles peuvent y ressembler et se traitent tout autrement. Un examen dermatologique (dermoscopie, parfois prélèvement) est nécessaire pour poser le diagnostic.
Ils ont montré des repousses significatives dans les formes sévères en essais cliniques, mais ne conviennent pas à tous, exigent un suivi médical étroit, et la repousse peut régresser à l’arrêt. Ce ne sont pas des traitements universels ni sans surveillance.
Non. C’est une maladie auto-immune, sans agent transmissible. Elle n’est pas contagieuse.
Pas sur une pelade active : les greffons peuvent être ciblés par la réaction auto-immune. La greffe ne s’envisage éventuellement que sur une forme ancienne et stabilisée, après avis spécialisé.
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À propos de cet article
Rédigé sous la responsabilité du Dr Khalil El Cadhi, chirurgien FUE / LH-FUE, Membre Full de l’ISHRS, MBA Paris-Dauphine, cabinet Dar El Hakim, Djerba. Dernière mise à jour : 13 juillet 2026. Information médicale générale. Les inhibiteurs de JAK relèvent d’une prescription et d’un suivi spécialisés.
Un doute sur une plaque ou une chute inhabituelle ? Un diagnostic trichologique permet d’identifier la cause avant d’envisager quoi que ce soit.